Projet actuel en détail : création d’une école spécialisée
Situation
Selon un recensement établi en 2001 (Seeds of change initiatives in
disability in Ladakh 2000-2004) il y a au Ladakh 3202 personnes,
enfants et adultes, atteintes de handicaps mental et physique
(paralysie, ouïe, langage, autisme, etc.). Le gouvernement emploie
actuellement une seule éducatrice spécialisée dans cette région qui
doit prendre en charge 90 enfants handicapés intégrés dans les
classes de l’école publique. En effet, il n’existe pas d’école
spécialisée pour ces enfants qui sont généralement mêlés aux autres
élèves. Ainsi, la plupart de ceux qui vont en classe ne peuvent
évidemment pas suivre, d’une part parce que les enseignants
titulaires ne sont pas formés pour cela et d’autre part, à cause des
effectifs trop élevés. De plus, les enfants ayant un handicap mental
grave vivent en famille, ils ne bénéficient d’aucun soutien
pédagogique et leurs parents sont extrêmement démunis face à cette
situation. Sur place, il y a toutefois une organisation indienne, le
Namgyal Institut for people with disabilities (NIPWD), qui s’occupe
de la prise en charge des enfants handicapés de la région en tenant
notamment un petit foyer accueillant des enfants venant de villages
éloignés et scolarisés à l’école publique de Shushot.
Projet de développement
Par son travail auprès des enfants handicapés dans les familles et à
l’école de Shushot, Mara Casella a acquis une expérience et une
connaissance approfondie du problème du handicap dans cette région.
Après avoir analysé la situation, les membres de Gamuyl Phanday
Tsogspa, au Ladakh et en Suisse, ont décidé de renforcer leur
soutien auprès de ces enfants en :
-
créant, en collaboration avec les parents, une structure scolaire adaptée aux enfants handicapés
-
formant sur place une ou deux personnes aux techniques de l’enseignement spécialisé
-
assurant de meilleures conditions de travail à Mara Casella afin qu’elle puisse continuer et développer son action sur place
Méthode
L’association Gamyul Phanday Tsogspa est extrêmement attentive à
prendre des décisions avec les personnes ladakhies concernées, à ne
pas créer des besoins inutiles et à assurer, dans la mesure du
possible, la pérennité de ses actions. C’est pourquoi nous avons
réuni les parents des enfants concernés, afin de déterminer les
besoins et le type de structure le plus approprié. Les parents sont
ainsi impliqués dans la démarches et partie prenante du projet, le
but étant à terme de laisser à des personnes compétentes de la
région la gestion de cette petite institution.
Une école spécialisée pour qui ?
Cette école est destinée à des enfants et adolescents handicapés
mentalement établis dans la région de Leh au Ladakh. Ils sont âgés
de 6 à 16 ans et ne peuvent bénéficier d’un enseignement scolaire
traditionnel, leur âge mental se situant entre 6 mois et 7-8 ans.
Actuellement certains de ces enfants sont suivis par Mara Casella à
leur domicile à raison de 2 à 4 heures par semaine.
Une partie d’entre eux n’a jamais été intégrée dans une école, car
leur niveau intellectuel ne le leur permet pas. Ces enfants restent
à la maison, faute de structure adaptée à leur situation. En
grandissant, ils deviennent une charge pour la famille, qui se sent
isolée et qui ne peut envisager de solutions satisfaisantes pour
leur futur.
D’autres sont intégrés à l’école gouvernementale où malheureusement
ils stagnent en première ou deuxième primaire, car ils se retrouvent
dans un environnement où rien est prévu pour eux. La différence
d’âge avec les élèves de leur classe s’agrandit avec les années et
provoque parfois chez eux, des comportements agressifs qui démontre
leur malaise physique et psychologique.
Objectifs de cette école
Cette structure spécialisée doit permettre à ces enfants de
bénéficier régulièrement d’un suivi individualisé qui tient compte
de leurs besoins et capacités intellectuelles. Ainsi il peut
acquérir de manière progressive une plus grande indépendance et
autonomie. Le programme spécialisé comprend tous les savoir- faire
nécessaires pour les aider à se développer le mieux possible et
profiter davantage de la vie.
Par ailleurs, cette école doit servir de lieu de formation à des
enseignant-e-s locaux afin de les familiariser avec les techniques
de l’enseignement spécialisé. A terme, la gestion de l’école ainsi
que l’enseignement devraient être assurées par des enseignant-e-s du
Ladakh.
Il s’agit également d’encourager et soutenir les parents des enfants
concernés en les impliquant dans la création, l’organisation et la
vie de cette école. Il n’existe aucune association de parents
d’enfants handicapés au Ladakh et les premières réunions que nous
avons organisées ont démontré à quel point ce type d’échanges était
important.
Cette école ne travaille pas seule. La collaboration avec les
structures locales existantes œuvrant dans le domaine social fait
partie du projet.
Organisation
Les enfants présentent chacun
un handicap spécifique : autisme, trisomie, déficience de l’ouïe et
de la parole. La plus jeune est âgée de 4 ans et la plus âgée a 16
ans. Ils vivent dans leurs familles et viennent à l’école la
journée. Nous avons créé 2 groupes qui correspondent au niveau
intellectuel des enfants. Le premier groupe qui comprends celles et
ceux ayant un retard mental moyen à important viennent à l’école 3
fois par semaine de 11h00 à 16h00. Le second groupe composé d’enfant
ayant un retard mental important à très important vient 2 fois par
semaine de 11h00 à 15h00. Les élèves apportent leur lunch et le
repas est pris en commun.
L’école est ouverte du lundi au vendredi et les parents des élèves
peuvent inscrire leur enfant à temps partiel ou à plein temps.
Enseignement
L’enseignement est assuré par Mara Casella et deux enseignantes
locales Kunzang et Tsering formées en cours d’emplois par Maraq.
Cette année nous aurons intégrerons à nouveau dans l’équipe et pour
une durée de 6 mois, une étudiante suisse de la Haute école
fribourgeoise de travail social (HES) qui réalisera ainsi son
travail de diplôme.
Nous souhaitons développer cette collaboration avec les Hautes
écoles pédagogiques en Suisse. Nous avons déjà reçu des demandes de
professionnels désirant se rendre au Ladakh et participer à notre
projet, pour conseiller et épauler les enseignants ladakhis qui
n’ont malheureusement jusqu’ici pas reçu de formation adéquate pour
la prise en charge d’enfants handicapés.
Personnel
Mara Casella assure donc l’enseignement et la responsabilité de
l’école avec le soutien de deux enseignantes que nous avons engagées.
Un chauffeur a la charge
d’aller chercher et reconduire les enfants à leurs domiciles
respectifs. L’ensemble des trajets correspond en moyenne à 50 km par
jours.
Logistique
Notre petite école se situe pas très loin du centre de Leh, près de
l’aéroport, dans un quartier dénommé « Ibex colonie ».
Pour démarrer le projet, nous avons décidé de louer 3 pièces situées
dans la propriété d’un des membres de notre comité, M. Tsering
Tundup.
Deux pièces aménagées confortablement serviront de salles de classe
et une de cuisine. Des toilettes ladakhies seront construites dans
la propriété.
Nom de l’école
Comme cela se fait traditionnellement au Ladakh, nous avons consulté
un moine pour chercher le nom de notre petite école. Le nom choisi
est Munsel.
Mun signifie obscurité et sel
sortir.
Ainsi dans le cadre de notre projet cela correspond à : sortir de
l’ignorance, de l’obscurité, à trouver la lumière, retrouver
l’espoir.
Pérennité du projet
Jusqu’ici le projet a pu être développé par des recherches de fonds
auprès de particuliers. Dès à présent, Mara Casella et Marianne
Aerni, membre de Gamyul Phanday et responsable en Suisse de la
recherche de fonds et de la communication, chercheront de nouveaux
sponsors auprès de fondations privées. Le but étant de développer la
structure, d’accueillir davantage d’enfants, d’engager et former des
enseignant-e-s sur place.
Il est important que le projet puisse par la suite être géré
uniquement par des personnes vivant au Ladakh.